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117 – La guerre froide dans les Laurentides

Chronique d’Alain Racine

Au début des années 1950, la perception croissante d’une menace soviétique liée aux armes nucléaires à longue portée incite Américains et Canadiens à développer leur coopération en matière de défense aérienne.
La première série de radars d’alertes précoces sous juridiction canado-américaine s’appelle la ligne Pinetree. Elle est opérationnelle en 1954 et composée de trente-trois stations placées le long du 49e parallèle. Le but est de protéger le territoire américain d’une attaque russe passant par le nord du territoire canadien.
Sept de ces stations radars sont situées au Québec. La station Lac Saint-Denis, équipée de 3 radars, se trouve aux abords du lac Saint-Denis à Saint-Adolphe-d ’Howard. Rendue obsolète, cette station radar cesse ses activités en 1987.
Pour réagir aux menaces russes, Américains et Canadiens font construire 2 bases de contre-offensive militaires au Canada. Chacune des bases de North Bay (446e Escadron) en Ontario et de La Macaza (447e escadron) au Québec est équipée d’un aéroport et de 28 lanceurs Coffin renfermant chacun un missile sol-air Bomarc. Ces missiles ont une portée entre 400 et 710 km selon leur version. Les installations de la base comprennent un bâtiment sécurisé servant d’entrepôt pour les ogives nucléaires.
Plusieurs manifestations de groupes antinucléaires ont eu lieu à la base de La Macaza.
Cependant, plus que les manifestations, ce sont les défauts techniques du système ayant pour conséquence la création de nouveaux réseaux de radars, qui amena le déplacement des bases. La technologie rendant les installations rapidement caduques, elle fut successivement remplacée par la ligne Mid-Canada et la ligne DEW, chacune plus au nord. Puis, ce type de base d’observation au sol fut démantelé au profit des satellites et l’armée canadienne acheva le démantèlement en 1967.
L’aéroport militaire de La Macaza a été transformé en 2001 en aéroport civil connu maintenant sous le nom d’Aéroport international La Macaza – Mont-Tremblant[. La base a servi quelques années à l’éducation postsecondaire d’une clientèle autochtone. En 1978, la base fut cédée au Service correctionnel canadien pour devenir l’Établissement La Macaza.

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