119 – Aux beaux jours de l’été…fuir la ville pour des vacances dans les Pays-d’en-Haut (1890-1950)
Chronique de Pierre Dubé
Au tournant du 20e siècle, les vacances estivales deviennent populaires pour les élites urbaines. Dans le ‘’nord de Montréal’’ appelé familièrement les ‘’Pays-d’en-Haut’’, les sites de villégiature se diversifient pour répondre à la demande et cette occupation du territoire s’ajoute à la colonisation entreprise par le curé Antoine Labelle.
Les paysages naturels, l’air pur et les activités récréatives transformeront progressivement le territoire en une destination de villégiature prisée par les notables montréalais et les visiteurs américains d’abord durant la période estivale puis tout l’hiver avec l’arrivée du ski à partir des années 1930.
Au fil du temps, l’agriculture cède peu à peu la place à la villégiature et à un développement significatif des infrastructures touristiques. Cette évolution favorise l’apparition de maisons de pension, de villas d’été, et après 1945, de chalets. Marcel Samson mentionne dans un article en 1988 ‘’ … entre Sainte-Agathe-des-Monts et Sainte-Adèle seulement, on comptera, en 1912, cent cinquante maisons de campagne ou villas ‘’ (Revue Continuité, été 1988).
Entre 1890 et 1930, il était courant pour les élites urbaines bourgeoises de posséder une villa d’été dans le ‘Nord’ pour passer les vacances d’été. La vague toucha d’abord Saint-Sauveur, puis Sainte-Adèle, Sainte-Agathe-des-Monts, puis Saint-Jovite, Mont-Tremblant et les lacs environnants.
Contrairement à Sainte-Agathe-des-Monts, où se construise de somptueuses villas (Villas Baumgarten, Prendergast, Sparrow, etc.), les premiers villégiateurs de la région de Saint-Jovite- Mont-Tremblant et des environs sont des amateurs de pêche et de chasse attirés par le gibier et les lacs poissonneux de la région, de véritables ‘’ sportsmen’’.
Les clubs de chasse et pêche, des ‘’clubs de millionnaires’’ comme disait la population locale se multiplient. Par exemple, le club privé de chasse et pêche Takeetezee (1904-1977), qui deviendra le parc Éco-Laurentides.
Serge Laurin* écrit que la modernisation du transport va transformer le paysage et favoriser le développement de la villégiature. Il cite notamment la construction de la route 11 à quatre voies dans le prolongement de l’A-15 pour contourner le centre-ville de Saint-Jovite et le remplacement des anciens feux de circulation par des carrefours giratoires.
Durant la période 1890-1930, on verra la construction de villas, des premières auberges, et de chalets, surtout dans la période de l’après-guerre. L’architecture de la villa d’été se caractérise par un bâtiment de prestige ou par de petites maisons de ferme pièce sur pièce. Après 1945, le chalet plus modeste de style rustique en bois rond obtient la faveur des citadins aux conditions sociales plus modestes.
En plus de 100 ans, la région des ‘Pays-d’en-Haut’ va évoluer en tant que destination de villégiature, alliant histoire, nature et développement socio-économique. Aujourd’hui, avec plus de 3 millions de touristes annuellement, les efforts pour maintenir l’équilibre entre le développement touristique, la nature et la qualité de vie sont essentiels pour l’avenir de la région.

Lac-Carré vers 1926, résidences et remises à bateau, maison construite par Richard Plunkett en 1917, marchand de bois de New York. Crédit photo:BAnQ

Lac des Sables vers 1900, Photo archives Notman, Musée McCord, Revue Continuité, no 40 été 1988



