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120 – Le Calvaire d’Huberdeau

Chronique de Jocelyne Patry inspirée d’un texte de Gilles St-Georges « Histoire du Calvaire d’Huberdeau »

Par sa nature, le Calvaire d’Huberdeau est un bien patrimonial précieux et exclusif dans les Laurentides, cité depuis 2012.
De 1891 à 1924, les Pères Montfortains assument la cure d’Huberdeau. Dès le début, pour deux mille dollars, un montant très important pour l’époque, le curé Pierre Cesbron, assisté de son frère jumeau et de ses paroissiens, érige un Calvaire en bois sur une colline surplombant le village. Les quatorze stations sont toutes regroupées autour des trois croix principales personnifiant le Christ et les deux larrons. Le Calvaire est béni le 21 juillet 1892 par Monseigneur Duhamel, archevêque d’Ottawa, qui préside la cérémonie où 14 orphelins de l’orphelinat d’Huberdeau portent les croix des stations.

Le calvaire en bois est remplacé par un chemin de croix avec des statues grandeur nature en fer de fonte bronzé, commandées à Vaucouleurs en France, et installées entre 1910 et 1920. Il ne contient toutefois que cinq stations de la Passion du Christ. En effet, la livraison a lieu pendant la Première Guerre mondiale et certains bateaux transportant les statues auraient été coulés. Pour remplacer les statues manquantes, des croix de 2 mètres, en acier, sont installées et payées par les citoyens.
La popularité du Calvaire connaît son apogée au début des années 1930. À l’époque, le Canadien National opère un service de train entre Montréal et Huberdeau. Le dimanche, en belle saison, plusieurs wagons s’ajoutent à la rame du train : avec une arrivée à Huberdeau vers 13 heures et un départ pour Montréal vers 17 heures, la foule de pèlerins a amplement le temps de visiter le Calvaire et la région. Surtout qu’en 1931, une splendide grotte dédiée à Notre-Dame-de-Lourdes est érigée par la communauté des Frères de Notre-Dame-de-la-Miséricorde près des stations du Calvaire amplifiant le charme du site et l’intérêt des centaines de visiteurs.
En 1980, les Frères cèdent, par donation, à la Fabrique Notre-Dame-de-la-Merci d’Huberdeau, les 13 acres du site du Calvaire et la grotte dont ils sont propriétaires. Quant aux statues, elles sont données au diocèse de Saint-Jérôme.

En 1984, un commerçant d’Huberdeau lance l’idée de rénover et d’embellir le Calvaire devenu négligé, faute de ressources de la Fabrique. Il est rapidement et solidement secondé par de dévoués bénévoles et des donateurs généreux en temps, en argent ou en effets. Cette solidarité permet de consolider le talus où sont installées les trois grandes croix de 9 mètres et d’entreprendre un entretien majeur.

Suggéré par Jean-Paul Brosseau, un comité est fondé en 1985 pour assumer la responsabilité du Calvaire favorisant ainsi la planification des activités et l’amélioration de l’entretien et des facilités du site. Michel Provost en est le premier président. En 1988, c’est le début de la Fête annuelle sur le site le premier dimanche du mois d’août : chemin de la croix, messe et dîner-bénéfice. Environ 300 personnes y participent et le succès se répète d’année en année. Une relève très impliquée continue l’œuvre de Jean-Paul Brosseau après son décès en 1994.

Le site du patrimoine du Calvaire d’Huberdeau est constitué en 1997. En 2005, le comité décide de demander son incorporation et sa charte est accordée le 13 juillet 2006. Sa mission est de préserver, d’entretenir et de promouvoir le Calvaire d’Huberdeau.

Depuis 2004, la fête est devenue la journée du Calvaire avec l’ajout en après-midi d’un concert vocal bénéfice en l’église d’Huberdeau sous le thème « Matinée à l’opéra ». Événement qui attire plus de 300 auditeurs et favorise le bilan financier du Comité dont les profits permettent l’amélioration le site.
L’évêché de Saint-Jérôme cède le Calvaire d’Huberdeau au Comité responsable par un acte notarié le 24 octobre 2014. Les statues sont restaurées entre 2021 et 2023 et, le 19 septembre 2024, le site obtient le Prix d’Excellence du Conseil du patrimoine religieux du Québec pour la beauté du site.

Crédit photo: Il était une fois les Laurentides

Crédit photo: Jean-Marie Savard

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