61 – Napoléon Lefèbvre, premier policier à Saint-Jovite
Chronique de Jocelyne Patry et Colette Légaré
Napoléon Lefèbvre est originaire de Saint-Janvier. Avec son épouse Élise Léonard et ses enfants, il s’installe à Saint-Jovite vers 1915.
À cette époque, Napoléon est menuisier de métier. Il est le premier citoyen de Saint-Jovite à se bâtir de l’autre côté du ruisseau Clair. Sa maison de ferme située près du pont de la route en gravier conduisant au lac Maskinongé se trouvait à l’emplacement de l’actuel commerce « Couleur Café ». En plus des dépendances ordinaires, il ajoute à proximité de l’eau, une tannerie.
Cette terre familiale, une fois divisée entre ses fils adultes, forme un mini village que les habitants de Saint-Jovite se plaisent à surnommer « Lefèbvreville »! Il faut dire que tous ont du caractère, ne s’en laissent pas imposer, se distinguent ou s’impliquent dans l’expansion de la municipalité.
Quant à Napoléon, dès 1918, il devient lui-même conseiller municipal et le restera jusqu’en 1929 sous les mandats du maire Robert Godfrey Brown. Le 4 avril 1928, il est nommé chef des pompiers, poste qu’il occupe une seule année puisqu’il démissionne de cette fonction et du conseil municipal en 1929.
Cette même année, le 3 avril, un avis de motion demande une force de police au village et en juillet 1930, Napoléon Lefèbvre signe son premier contrat comme policier municipal de Saint-Jovite. Il est assermenté par le maire Georges Dury. Il s’engage ainsi à servir fidèlement Sa Majesté le Roi comme constable, sans arme, pour le village de Saint-Jovite sans faveur, affectation, malice ou mauvaise volonté; de faire tout son possible pour maintenir la paix et le bon ordre et prévenir toutes les infractions contre les personnes et les propriétés des sujets de Sa Majesté; de remplir, tant qu’il sera en office, au meilleur de ses capacités et de sa connaissance tous les devoirs de sa charge, conformément à la loi.1
Son mandat prend fin en octobre 1932 lorsqu’il est sollicité pour devenir directeur des travaux lors de la construction d’un pont de bois sur le ruisseau Clair.
En juillet 1943, alors âgé de 67 ans, Napoléon Lefèbvre obtient du maire William Locas, un nouveau mandat de constable « spécial » cette fois-ci. Il est particulièrement affecté à la surveillance des hôtels. En plus de devoir porter attention aux hommes ivres, il doit veiller au respect des heures de fermeture et à l’interdiction de vendre de la boisson en dehors des heures ouvrables. Pour l’aider dans sa mission, un règlement de la municipalité stipule que les rideaux de ces établissements doivent demeurer ouverts en tout temps afin que le policier puisse vérifier par les portes et les fenêtres qu’aucun client n’est à l’intérieur après l’heure de fermeture prescrite.
Le volet de la modestie vestimentaire fait aussi l’objet d’une observation stricte. Les jupes et les shorts doivent couvrir les genoux et les maillots de bain à la plage publique doivent être réglementaires : posséder des manches et une longueur de culotte ne remontant pas trop sur la cuisse. Le constable Lefèbvre se promène désormais avec un galon à mesurer et peut distribuer aux contrevenants une amende de 10,00 $ en cas d’infractions.
Il s’occupe également de sécurité routière en s’assurant que les chevaux ne prennent pas l’épouvante et qu’ils soient bien contrôlés par leur charretier afin d’éviter de renverser des piétons. En hiver, Il s’assure que les jeunes n’utilisent pas les rues enneigées comme glissoire.
Napoléon Lefèbvre décède le 7 octobre 1949 à l’âge de 73 ans.
En septembre 2010, la Ville de Mont-Tremblant honore la mémoire de son premier policier en nommant l’édifice logeant le service de police municipale, rue Siméon, de son nom : Napoléon-Lefebvre.

Famille Napoléon Lefèbvre. Gracieuseté de Robert Lefébvre 2004

Napoléon Lefèbvre. Gracieuseté de Robert Lefébvre 2004



